Tout en réaffirmant la souveraineté de la République de Chine (Taiwan) sur les îles de mer de Chine méridionale, le ministère des Affaires étrangères, à Taipei, a salué le 14 juillet dans un communiqué les déclarations des Etats concernés « indiquant que les revendications territoriales en mer de Chine doivent être conformes au droit international ». Le ministère a aussi encouragé les Etats concernés à inclure Taiwan dans les mécanismes multilatéraux destinés à résoudre les disputes, et à sauvegarder ensemble la paix et la stabilité dans la région.
Ce communiqué a suivi la publication le 13 juillet par le secrétaire d’Etat des Etats-Unis d’Amérique, Mike Pompeo, d’un communiqué affirmant le soutien de Washington à la communauté internationale en défense de la liberté des mers, du respect de la souveraineté et du rejet de toute tentative d’imposer le droit par la force en mer de Chine méridionale et dans la région au sens large.
« Les îles de mer de Chine méridionale font partie du territoire de la République de Chine, a réitéré le ministère des Affaires étrangères. Celle-ci jouit de manière indiscutable des droits sur les îles de mer de Chine méridionale et sur les eaux qui les entourent, en accord avec le droit international et le droit de la mer. »
Le ministère a rappelé les quatre principes énoncés par la présidente de la République, Tsai Ing-wen [蔡英文], le 19 juillet 2016 : les disputes territoriales doivent être gérées en se basant sur le droit international et le droit de la mer, y compris la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982 ; Taiwan doit être intégré au mécanisme de résolution des disputes multilatérales ; les pays concernés par les disputes en mer de Chine méridionale ont l'obligation de maintenir la liberté de navigation et de vol dans la région ; la République de Chine défend l'idée de mettre de côté les disputes et de trouver un moyen d'exploiter ensemble les ressources de la région.
Le ministère a aussi rappelé l’engagement du gouvernement taiwanais à résoudre les disputes de manière pacifique et a rappelé sa ferme opposition à tout Etat ayant part au conflit de souveraineté à user de l’intimidation, de la coercition et de la force.
En 2016, la présidente Tsai avait rejeté la décision rendue par la Cour permanente d’arbitrage de la Haye concernant la dispute en mer de Chine méridionale entre les Philippines et la Chine. La cour d’arbitrage avait statué qu’aucune île de l’archipel des Spratley, y compris l’île de Taiping, administrée par Taiwan, ne pouvait être considérée comme « île » au sens du droit international et que par conséquent aucune ne pouvait produire de zone économique exclusive de 200 milles marins.
Le gouvernement taiwanais avait alors expliqué que cette décision n’était pas juridiquement contraignante pour la République de Chine (Taiwan) et que le pays ne l’accepterait pas. Il avait en particulier souligné que Taiwan était une importante partie intéressée à cette affaire mais n’avait pas été invité à participer à la procédure. Il avait en outre trouvé inacceptable d’avoir été désigné par la cour d’arbitrage comme « l’Autorité de Taiwan en Chine » et réaffirmé que l’île de Taiping est vraiment une île.